I Felt Uncomfortable at the “Gender-Bending Fashion Exhibition” at the Museum of Fine Arts in Boston — Here’s Why.

As a bisexual person, I always feel very comfortable and safe when I see symbols of the LGBT community, like the flag, around me. Yet, when I stepped into the Gender Bending Fashion exhibition at the Museum of Fine Arts a couple of weeks ago, I felt extremely out of place.

En tant que bisexuelle, je me sens toujours en sécurité quand je vois le drapeau LGBT. Pourtant, quand je suis entrée dans l’exposition sur la mode qui défie les normes de genre au Musée des Beaux Arts à Boston, je ne me suis pas du tout sentie à ma place.

To give you a little bit of context, here is what the MFA says about the exhibition on its website:

“From the runways to the streets, designers and wearers today are upending traditional ideas about men’s and women’s clothing. But those trends in American and European fashion are not new. This exhibition looks across a century of haute couture and ready-to-wear fashion that has challenged rigid, binary definitions of dress. ‘Gender Bending Fashion’ examines a rich history of fashion disrupting, blurring, and redefining conventions and expectations around the relationship between gender and dress.”

Pour vous donner un peu plus de contexte, voilà ce que le musée des Beaux Arts dit sur l’exposition:

«Des défilés aux rues, les créateurs et les porteurs remettent en question les idées traditionnelles sur les vêtements pour hommes et pour femmes. Mais les tendances de la mode américaine et européenne ne sont pas nouvelles. Cette exposition retrace un siècle de haute couture et de prêt-à-porter qui a défié les définitions rigides et binaires du vêtement. ‘Gender Bending Fashion’ examine une riche histoire de bouleversements de la mode, de flou et de redéfinition des conventions et des attentes concernant le rapport entre le sexe et la tenue vestimentaire.»

When I say I come from Paris, most people assume that I have very liberal views. French people are often seen as some of the most liberated individuals on this planet — many Americans picture us discussing big ideas while smoking cigarettes after sex or going on strike every other day to protest work conditions. It might come as a shocker, but things aren’t exactly always like that.

Quand je dis que je viens de Paris, la plupart des gens pensent que je suis très à gauche. Les Français sont vus à l’étranger comme l’un des peuples les plus libérés dans le monde. Beaucoup d’Américains nous imaginent à discuter de grandes idées en fumant après l’amour, ou à faire la grève un jour sur deux pour réclamer de meilleures conditions de travail. Ça peut paraître bizarre, mais en réalité, cette vision des choses ne représente pas du tout la majorité du pays.

No matter how much we love to brag about how modern and progressive our country is, when it comes to the LGBT community, the day-to-day life of LGBT folks in France doesn’t quite reflect some of the legislative progress we have made.

Même si nous aimons être fiers d’habiter dans un pays aussi moderne que la France, la vie quotidienne des personnes LGBT en France ne reflète pas vraiment encore les progrès qu’on peut avoir fait dans les lois.

I might be biased, because I went to Catholic school — a homophobic environment where students who dare to break any kind of norms are harassed by faculty and staff. For example, my school made volunteering in our neighborhood mandatory, but forbade one of my friends from picking a charity supporting LGBT youth. Some people came up to another one of my friends and her girlfriend and asked them to kiss in front of everyone because it was “so weird,” so they really wanted to know “what it was like.” If you wore a shirt with a rainbow print or advocated against discrimination, people would either laugh or stare at you like you were some kind of odd creature coming straight out of the zoo. Of course, some people were supportive, but they were a minority. You can see why living in Massachusetts, which is regarded as one of the most advanced U.S. states when it comes to LGBT rights legislation and is overall incredibly welcoming and accepting, feels a little weird at first.

Peut-être que je n’ai pas un regard assez objectif sur la situation parce que j’ai été scolarisée dans le privé — un environnement assez homophobe où respecter les normes sociétales est un véritable devoir. En première, lorsque mon lycée nous avait donné l’obligation de trouver une association dans laquelle faire du bénévolat pendant notre temps libre, l’une de mes amies s’était vu refuser son choix d’une association aidant les jeunes LGBT en difficulté, car l’école ne voulait pas être associée à ce genre de choses. Une autre amie qui était en couple avec une fille avait du rester calme quand un groupe de personnes sont venues lui demander d’embrasser sa copine devant eux parce que c’était “tellement bizarre” qu’ils voulaient voir comment c’était. Au lycée, si on avait le malheur de porter un t-shirt avec le drapeau LGBT ou de protester contre la discrimination dont certains étaient victimes, soit on nous riait au nez, soit on nous observait comme une étrange creature tout juste sortie du zoo, ou au mieux on nous faisait comprendre que tout ça avait peu d’importance. Évidemment, quelques personnes faisaient preuve de gentillesse et apportaient leur soutien, mais elles étaient en minorité. Vous comprenez pourquoi vivre dans le Massachusetts, un des Etats considérés comme parmi les plus avancés en matière de législation LGBT et de manière générale incroyablement accueillant, ça fait un peu bizarre au début.

Don’t get me wrong; I am so unbelievably grateful for how safe Bostonians makes me feel in regards to my identity, but I guess part of me still isn’t used to having the LGBT community being part of the norm. Even though Paris is quite liberal, I doubt that I could find such groundbreaking exhibitions there. Maybe it is because I was never introduced to the community before living in Boston and so I can’t really compare how Paris versus Boston feels like as a queer individual. Still, I get the feeling that France as a whole remains extremely traditional. Not only are we far from letting go of gender norms, but we’re not making much progress when it comes to protecting gay couples. Recently, France dropped in the rankings of LGBT-friendly countries because of an increase in homophobic attacks. And I personally rarely ever see a gay couple holding hands outside of the annul Pride parade.

Bien sûr, je suis vraiment reconnaissante d’être acceptée et protégée à Boston, mais je crois qu’une partie de moi n’est pas encore habituée à ce que la communauté LGBT fasse partie de la norme. Même si je viens de Paris, qui est globalement une ville assez progressiste, je doute que ce genre d’exposition existerait ou qu’elle aurait autant de succès ici qu’elle n’en a eu à Boston. Peut être que parce que je n’ai vraiment commencé à me sentir appartenir a une communauté qu’une fois que je suis arrivée à Boston, je ne suis pas légitime pour comparer comment la vie à Paris est pour les personnes LGBT. Mais je garde le sentiment que Paris et le reste de la France reste très traditionnelle, particulièrement en ce qui concerne les normes de genre, mais même par rapport aux couples homosexuels. Il suffit de regarder les chiffres des agressions en augmentation ou même des vidéos de commentaires pour le moins haineux lors de la Manif pour Tous (et qui n’avaient même pas à voir avec l’adoption). Récemment, la France a même plongé au classement des pays LGBT-friendly!

Some celebrities try to pave the way but face tremendous obstacles in simply living out in the open. Recently, an openly gay Youtuber, Bilal Hassani, was chosen to represent France in the Eurovision contest. Because of this, he became a target for bullies, especially but not only on social media, who claimed to be “embarrassed” by his unconventional way to dress and his homosexuality.

Et lorsque les célébrités tentent de faire bouger les choses, elles rencontrent d’énormes obstacles. Vous vous rappelez sûrement de la réaction ouvertement homophobe qui a suivie lorsque Bilal Hassani a été choisi pour représenter la France à l’Eurovision. Beaucoup l’ont harcelé sous prétexte qu’ils avaient “honte” de son homosexualité et de sa manière de s’habiller qui cassait complètement les normes de genres.

And here’s the thing: I love Bilal Hassani and I love this exhibit. Part of me wishes I had the guts to dress in an androgynous way, but I don’t. I don’t because my whole life, I have witnessed people being shamed for their boldness. And no matter how much I resent bullies, I internalized their hate speech in spite of me.

Et le truc, c’est qu’au fond, j’adore Bilal Hassani et j’adore cette exposition. J’aimerais avoir le cran de m’habiller de manière androgyne ou simplement peu conventionnelle, mais ce n’est pas le cas. Ce n’est pas le cas parce que depuis des années, je vois des gens comme lui se faire harceler pour leur audace. Et même si je déteste ces personnes intolérantes et odieuses, je ne m’empêcher d’internaliser leur discours haineux, puisque c’est presque le seul que j’entends.

I have internalized homophobia. I am constantly torn between radical acceptance and uncomfortable tolerance of the community that I belong to — how ironic is that? This exhibition made me feel uncomfortable because it goes against what I have learned in the past.

J’ai internalisé cette homophobie. Je suis constamment tiraillée entre l’acceptation totale et la tolérance partielle de la communauté à laquelle j’appartient — ironie du sort. Cette exposition m’a mise mal à l’aise parce qu’elle va à l’encontre de ce que j’ai appris par le passé.

I hate to admit that I feel awkward about the community sometimes, because I so want to embrace my own identity and support that of others.

Je déteste admettre que je me sens gênée parfois, parce que je voudrais tellement accepter pleinement mon identité et soutenir celle des autres.

So what do I do? It’s not easy challenging my French education. Telling myself that I don’t care anymore doesn’t quite do the trick. Instead, I have to pick up some books to teach myself the stuff I never learned in school — that is, LGBT history. I push myself to read as many articles as I can about the Stonewall riots and bathroom bills. I look up statistics on how safe each country that I visit is. I watch videos about queer public figures.

Alors qu’est-ce que je suis censée faire? Ce n’est pas facile de me séparer du jour au lendemain de l’education qui m’a été donnée. Me dire que je m’en détache tout bonnement et simplement ne fait pas l’affaire. Alors je lis et je m’instruis pour m’apprendre à moi même ce que l’on ne m’a jamais appris à l’école — l’histoire de la communauté LGBT. Je me force à lire le plus d’articles parlant des émeutes de Stonewall et des projets de lois qui touchent aux droits des LGBT.

While educating myself on the topic, I try my best to be proactive by taking resolutions to be an activist in simple ways. For example, I try to raise awareness through social media by reporting hateful tweets and adding my preferred pronouns in my bio. Another simple I choose to do is to show appreciation and love for the transgender people that I know, especially in situations where they may feel unsafe. For example, knowing how scary it can be for transgender folks to use the bathroom built for the gender that they identify with, I do my best to be supportive. It’s as simple as giving a compliment on someone’s outfit as they touch up on their makeup.

Et une fois que j’ai fait mes recherches, je fais de mon mieux pour appliquer ce que j’ai appris et militer au quotidien avec des petites choses simples. Par exemple, j’essaye d’utiliser les réseaux sociaux au maximum pour sensibiliser mes amis et connaissances et pour agir contre les discriminations, en signalant les tweets haineux et en ajoutant mes pronoms dans ma bio. J’essaye aussi de rassurer et accueillir les femmes transgenres qui utilisent les mêmes toilettes que moi en leur faisant un compliment ou un simple sourire quand elles se remaquillent.

And when I feel uncomfortable, I tell myself that my discomfort is mine to overcome. It isn’t anyone’s responsibility to make themselves smaller so that I feel more at ease with the world that I live in. I have to work on myself so that I can get past my insecurities.

Et quand je ne me sens pas à l’aise, je me dis que c’est à moi de passer outre ce sentiment. Ce n’est pas la responsabilité des autres de se faire plus petits pour que je me sente plus comfortable dans le monde dans lequel je vis. C’est à moi de travailler sur moi-même pour surmonter mes insécurités.

As Pride month comes to an end, I vow to keep educating myself and spreading love. I promise to do everything in my power to make this world a safer place for transgender and non-binary people, because they deserve nothing but respect for having the courage to be their true selves.

Alors que le mois des fiertés se termine, je promets de continuer à m’éduquer et de faire tout mon possible pour rendre ce monde plus rassurant pour les personnes transgenres et non-binaires, parce qu’ils et elles ont le mérite et le courage de vivre en accord avec eux mêmes.

I hope you know that this isn’t me congratulating myself on taking these first steps to educate myself, but rather me pledging not to turn around from the people that I don’t understand at first. I encourage you to do the same.

J’espère que vous comprenez bien que je ne suis pas en train de me féliciter de faire ces efforts pour m’éduquer sur toutes ces questions, mais plutôt de promettre de ne pas détourner le regard de ceux que je ne comprends pas au premier abord. Je vous encourage à faire de même.

Love always,

xo, Ari

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